09 septembre 2007
New life, new life
Je migre mais laisse ouvert cet espace :
Nouvelle vie capillaire - écriture, culture, critiques, nombril
06 septembre 2007
°° Danaïde
Elle connait les contours, les râles et les soupirs, mais s'acharne à chercher de nouvelles brèches où déverser son trop plein d'amour irrationnel. Pléonasme. Avec ardeur et dévotion, elle ritualise son plaisir, source de larmes froides. Hors d'elle-même, elle scrute sa descente fulgurante et ineffable, sans pour autant y résister. Elle se maudit de succomber au désir s(t)imulé par ses héros ; sa lucidité s'estompe à mesure que l'estomac s'emballe, que la trachée s'étrique. Elle dégouline de folie, en est consciente, ravale pourtant chaque goutte de ses douces obsessions violentes, ravie d'entretenir le vicieux du cercle. Elle écrit et ressasse inlassablement les mêmes thèmes, mots, sans personne qui stopperait son poignet raidi d'agréables crampes.
03 septembre 2007
°° Seaside rendez-vous
Les volutes de l'Erdre, mêlés aux lueurs orangées des lampadaires et briquets nantais, sous un pont où fourmillent les éthyliques, les amoureux, les égoïstes, les troubadours, les suicidaires. La population dense et bigarrée se meut aux rythmes étouffés d'un jazz modernisé, métissé blues, electro. S'ouvrent les écoutilles et les esprits. Elle ne regarde pas la scène, horizon obstrué par multiples caboches et mains brandies. Elle observe le quai, lieu de toutes les beautés : les plus simples, sans trop de lumières artificielles. La musique dote cette vision d'un charme rafraichissant. Il la couvre de baisers dans le creux du cou. Elle se blottit contre son torse et le nargue dans l'obscurité, les yeux tournés vers un ailleurs en permanence. Se muer autre, Nessy d'un cours d'eau tendre et animé. Projeter le ça sur ce pont, baisser la tête et s'enivrer de sillons évasifs. Elle l'entoure de ses bras maigres et le serre, lui murmurer ne me laisse pas dans le syphon disparaître. Elle passe la main dans ses cheveux souples, parfaits. S'agripper, ne pas se laisser happer par les profondeurs, abyssales tentations.
30 août 2007
°° Not this future please
La femme d'un âge certain peinait à zigzaguer entre les tables. Voûtée sur son plateau rempli à rabord, elle tentait tant bien que mal de ne pas le renverser, tout en cherchant une place où s'asseoir, manger, se morfondre. Elle nous jeta un regard de victime vengeresse et s'assit à notre droite, près du mur. Kim Basinger déchue, elle avait mal étalé son rouge à lèvre vermillon. Son mascara, jonchant par paquet ses cils éparses, avait coulé sur ses cernes de femme préoccupée. Elle ingurgitait son repas copieux et gras avec la moue des déprimés. Combler le vide laissé par un amant brutal qui creusa son trou puis s'en alla. Ses cheveux étaient rèches et décolorés. Une coquette repentie où subsistaient quelques vestiges abîmés de soin de soi, en pleine érosion. Elle avalait des bouchées énormes de son sandwich débordant de fromage fondu, de beurre et de sauce, calories panseuses de plaie. Sentir ses cellules envahies par ces corps étrangers répugnants et ne pas s'en dépêtrer. Se laisser remplir. Elle semblait se complaire dans ce rôle de passive bouffée par son désespoir ; elle n'avait de cesse d'observer si, autour d'elle, quelqu'un compatissait.
28 août 2007
Hairdos & mégalomanie
26 août 2007
Indoperle
une video trouvée posée là sur la toile : ja la trouve superbe cette fille-là, j'aime sa voix grave et son rock'n'roll stand up.
She Night (Cover d'Indochine)
envoyé par coulmel
23 août 2007
Nostalgiiiiiie
Et oui, en fin de compte, le cucul m'atteint. Et merde.
Cela dit, cela fait déjà un an que ces vidéos ont été produites, des tas de choses ont évolué.
P. S. : je trouve notre bande sublime, sans rire. Et le pire, c'est que ça continue. ;)
20 août 2007
°° Les chaussons aux pommes
La
petite fille écarquillait les yeux devant la déambulation
des femmes dans la galerie marchande. La plupart étaient déjà
flétries par un emploi harassant, ennuyeux et sans
perspective. Mari indélicat, impuissant et/ou indifférent
en sus. L'enfant se délectait de ce spectacle de déchéance.
Elle appréciait les talons-aiguille, rompus à force de
pas trop brutaux pour annoncer leur arrivée, et les joues
rougies après l'ascension d'un escalier. Le modèle
culturo-sociétal se cassait la gueule, s'essoufflait sous ses
yeux ; ça lui plaisait.
Car
ses adorés, ceux qu'elle voulait être ou avoir, étaient
ces pénis ongles vernis cils longs traits fins muscles plus
que légers ; les utérus hanches étroites
attaches fines poitrine discrète coupe courte ébourriffée.
Chaque
après-midi elle attendait sa maman sur le banc devant le salon
de thé. Elle dégustait un chausson aux pommes pour
patienter. Elle avait pour habitude de se placer près de la
grande fougère, afin de pouvoir observer ces créatures
à travers le feuillage, discrètement. Elle aspirait à
devenir et/ou obtenir un de ces êtres, précieux car trop
rares. Ils étaient pour elle les limites. Elle les aimait.
[...]
La jeune femme se leva du banc et sortit de la galerie. La pluie mouchetait déjà le pantalon noir qui, au ras du sol, protégeait ses bottines de cuir. Elle ne sacrifia pas le Canard Enchaîné pour protéger ses capillaires déjà trempés. Elle marcha sans se hâter jusqu'au bord de la Loire pour voir le courant s'agiter. Elle resserra son foulard.
GARBAGE-ANDROGYNY
envoyé par pierrot77




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