La plume pour s'en sortir, pour s'élever plus haut

Publication anarchique du bazar que mes "moi" crachent à intervalles aléatoires...

17 août 2007

C'est la centième ! ! !

Ma mijorée sucrée me lâche : me voilà face à mon écran, seul témoin de mes envolées démentes dans les contrées du lyrisme grotesque. Je repense à ma journée, rien de bien passionnant à retenir ; l'idée de cette défenestration magistrale où je m'élancerais du cinquième étage de l'U.R.S.S.A.F bondissant sur les véhicules aux propriétaires hératiques pour finir empalée sur l'antenne régionale de France 3 paraît à nouveau séduisante. À quoi bon m'obstiner et perdre  tant de journées précieuses de ma – c'est décidé – courte vie pour gagner quelques ronds de plaisir matériel. Emploi temporaire dans une administration – il y a pire – où les salariés ne sont certes pas méchants, mais furieusement hypocrites. Notre principal point commun. On n'aime pas trop voir ce genre de reflet dans la gueule de nos aînés. D'autant plus lorsque dès la trentaine CDI en poche ils oublient d'éviter TF1, ne racontent plus rien d'autre que leurs vies aussi palpitantes qu'un épisode de Derrick doublé en tchèque, ne partagent plus rien. Les enfants et/ou animaux et/ou maris/épouses/pacs/concubins deviennent leurs uniques et redondants sujets de débat. Ceci ajouté à « moi je ne vais plus à Atlantis depuis que Sophie G. y a été tuée », alors qu'en allant remplir leurs placards dans d'autres grandes surfaces ils pourraient tomber sur un fanatique des dérapages en parkings souterrains qui les percuteraient, les tuant sur le coup, leur donnant en prime l'air con avec un chariot en travers de l'abdomen. J'espère qu'ils auront pensé à mettre des sous-vêtements potables : que les secouristes ne s'en offusquent/moquent pas au moment de découper les vêtements pour retirer l'engin recouvert de la crème chocolatée protéinée minceur qui aurait éclaté lors du choc. Ces individus qui aiment Le Roi Soleil et Indohcine, Michel Sardou et queen, et ne voient pas où est le problème, l'incohérence. La moindre discussion entamée sur un thème capable de m'éviter les baillements successifs jusqu'au sommeil paradoxal est rapidement rompue par une incapacité à émettre des arguments pour défendre une opinion quelle qu'elle soit. « Moi je pense ça, et pis c'est tout ». Mon exaspération augmente à mesure que le travail qui m'est confié diminue (un service courrier où peu de courrier rentre est fatalement au chômage technique après un laps de temps relativement court). Moi et ma légendaire propension à m'ennuyer errons dans le bureau à la recherche d'une occupation. La seule qui m'ait tenu en éveil assez longtemps pour ne pas sombrer dans un coma irréversible est l'observation attentive de mes congénaires. Une sorte d'étude sociologique de quarantenaires frustrés dans tous les aspects de leur vie, en direct du terrain travail. Les utérus en pamoison lorsque le menuisier célibataire, motard et conforme aux canons de beauté esthétique de leur époque fait irruption dans le bureau pour discuter le bout de gras d'untel pendant une demi-heure payée par l'employeur. Leurs rires de diva aux abois qui résonnent. La voix mi-poule mi-crécelle de la chef de service qui en permanence bêle de vieux airs nostalgiiiiiques – pas des meilleurs – à m'en faire cogiter homicide volontaire au coupe-papier et à l'agrapheuse. Demain j'y retourne.

c'est le centième article de ce blog,
merci aux fidèles de cette secte plumitive et aux nomades de passage

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15 août 2007

Avant la rentrée on feuillette le carnet et on trouve...

Ce texte-ci mérite un brin de contexte.
Notre cours de rédaction professionnelle comprend l'enrichissement de notre vocabulaire grâce aux « mots nouveaux ». Chaque étudiant livre aux autres un mot entendu/lu dont il ignorait le sens avec sa définition. Il s'agit de nous pousser vers l'ancestral oncle Robert. Le programme inclut également un cours passionnant sur la ponctuation qui, bien qu'il puisse paraître inutile au premier abord, permet de remettre certaines bases en place afin d'éviter l'effondrement de nos textes. Le paragraphe qui suit est le résultat d'un travail demandé à la suite de ces deux cours : rédiger un texte court contenant un minimum de huit mots nouveaux, le tout ponctué par tous les signes revus en cours. Retrouvez ci-après la définition des mots repérés.

Une fois encore j'anône. Je suis poulette grabataire, clouée à son nid de mélancolie. Tente de mettre en exergue, de brésiller les noeuds de son esprit : devenir linéaire. C'est loin d'être une sinécure. Je suis matamore ; je suis écrivante plumitive ; je suis muette. Mon – seul – avantage : je suis nyctalope. Cependant ma cochlée est déficiente. Fin du quart d'heure diffluent : ce cortex de sybarite, enveloppé de laine de verre, a craché.

anôner : parler comme un âne
grabataire : se dit de quelqu'un qui ne quitte pas le lit
mettre en exergue : mettre en évidence
brésiller : réduire quelque chose en poussière
pas une sinécure : demande des efforts, du travail
matamore : personne courageuse... seulement en paroles
plumitif : se dit d'un écrivain médiocre, mauvais
nyctalope : se dit d'une personne ou un animal qui voit dans l'obscurité
cochlée : partie interne de l'oreille
diffluent : se dit de quelque chose qui se développe dans des directions divergentes
sybarite : personne menant une vie débauchée

PR11ILL7G
°

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14 août 2007

°° Fighting the angel

A child is crying
Leave this
End that all please

A child is wrinkled
Hidden with glitter
Go back to youth

A child is screaming
Trying to reach it
Nobody to care about

A child on his knees
Waiting for his fears
Tools to go flying
Wings made of tears

A child dressed in black
Lay down
Hangin' on some lack
Where he could drown

A ghost of a child
Fighting his angel
Jumped in the crowd

absofuckinglutlygorgeouskp4


dites moi si fautes il y a ^^

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07 août 2007

°° « Tu es beau quand tu jouis, c'est moi qui m'extasie »

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Anton Corbijn

Lorsque les griffes déchirent la chair et le percent à jour, que la bête se coince entre ses côtes langue et crocs à leur merci ; lorsqu'il est pute aguicheuse, pantin funambule en plein éveil, qu'il laboure le sol stérile, désarticulé. Démence au corps : il est. Il est Jenny rasoir à la cuisse ; il est abandon. He feels, centralisateur d'âmes. Il est petite douleur post-coïtale. Il est agréable.

 

Le torse nu les bras en croix, et mourir de plaisir. Comme tu voudras.

Nos hanches se cambrent à notre insu ; nos bras quémandent la carne du gourou. Nos caboches à terre stagnent du mieux qu'elles peuvent, en pamoison. Elles déchiqueteraient ces lèvres négligemment entrouvertes ; elles les préfèrent aux bouches scellées.

Lorsque le rideau se lève et le dévoile, qu'il passe le pas de nos corps ; lorsque nous l'accueillons,  naïfs et implorants, prêts à déborder littéral. Brisé contre nous : il est.

mino

 

 

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31 juillet 2007

°° La muse fraîche

Elle semble détendue toute entière en permanence. Seul son dos légèrement voûté minimise cette impression. Son sourire souple sincère ; ses lèvres vermillon à mordre ; son regard intense où se faire dévorer ; sa bataille capillaire où la main passer ; sa voix grave à se murmurer. Lascive est son mot. Elle se déplace féline. C'est négligemment qu'elle se pose aux regards. Ses vêtements dits masculins servent sa démarche d'animal en chasse. Elle est aimant sans limite, tout gravite autour d'elle. Elle supporte les caresses appuyées mais recule devant trop d'attention. Les hématomes attachement la rendent nerveuse ; ça perle lacrymal sous sa peau translucide. Aimez-la profondément puis relachez-la. Plaquez-la contre un mur passionnez-vous mais ne la bercez pas d'illusions. Une poupée de porcelaine qui ne porte jamais de robe. Elle est cassable. Elle est un mélange. Sucrée salée Cécile de France Johnny Depp à vous faire saliver. Elle n'est que fiction et pourtant ce qu'on la désire. J'aimerais continuer à la détailler pour vous mais je n'ai pas de suite dans les idées. Pour une fois ce n'est pas l'ennui qui me fait obstacle mais ma peur de salir. Ne pas déchoir l'ange qui me tourmente maintenant, garder son plumage aussi noir que possible.

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°

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30 juillet 2007

Divagations alcoolisées

Sa grande gueule jaune miroitait dans mes yeux imbibés. Au milieu du sang délectable il flottait solitaire, une méduse sans son radeau. J'avais envie de lui mais le laissais mariner. Les autres autour ont tué cette muse d'acidité, aigüe sur ma langue.

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27 juillet 2007

Guest : God_Schizo master for a little while

ça date mais... même titre, même mots, souvenir d'une petite prose de contrôle dans l'ex-chez moi d'une scarlette devenue aiguille2phono

372378575

Voi. On dirait bien que Scarlett veut vous achever en me laissant poser ma patte noire de suie dans cet univers tt rose et tt sucré, comme un pachiderme propulsé dans une maison de poupées. Une photo pour m'inspirer et j'ai le champ libre... Je pourrais m'en tenir à un no man's land salvateur pour vos petits cortexs ramollis, mais je décide à l'instant de vous faire souffrir. Juste pour le fun. (Qui a dit sadique ? Que je corrige cette créature)

Bon. Photo sobre. Noir et blanc qui ne cache aucune couleur. Voyons se qui se pose dans le creux de mon bulbe à cette vision enchanteresse...

Sur le moment, je pense : Trash Palace (partouze musicale dans un univers kitsch au possible, sensualité et luxure se lient dans ce bordel) : concert vu qqes heures plus tôt. Délice inattendu de cette journée. Une surprise par jour à peine, pas assez pour me faire lever le matin...

Cette photo.

Pourquoi cacher ses jolis yeux ? Comment je le sais ? Eh bien, à moins d'avoir la tête dans le cul jusqu'à la nuque, on voit bien son regard meurtri, jaloux et envieux, celui de celle qui en sait plus qu'elle ne le devrait, qui a connu ce qu'elle aurait du ignorer...
Pauvre petite fille perdue, trop maquillée, pas assez habillée. De là vient le coup de bâton noir, la censure qui lui pourrit le visage, pour qu'on ne la regarde pas cette petite fille au bord du vomissement, mais séduisante. (Qui a dit je bande ? Que je le corrige)
Raté.
Ses lèvres appellent aux lèvres, tant pis pour les tâches de rouge. On décèle une petite déviation de sa neutralité apparente vers la droite, pas un sourire, plutôt la marque d'un coup porté il y a longtemps, une blessure qui ne se refermera pas. Car personne pour la lécher et la panser. (Qui a dit c'est dégueu ? Que je le corrige)
Elle semble défiante, "pourquoi tu me regardes comme ça ? "... Non. Elle ne nous regarde pas, elle va vomir, la cicatrice est insupportable.
Et comme une putain d'évidence le mot "broken" qui se détache. Celui qui a mis ça a voulu ramener sa fraise, et ben c'était pas utile. C'est la mettre en vitrine, à la merci de la pitié des passants. (Qui a dit oh la pauvre ? Que je le corrige)

Voilà je pourrais disserter sur cette photo durant des heures, lui inventer les vies qu'elle n'a pu avoir, mais tel n'est pas le but de la manoeuvre... (c'est quoi le but d'ailleurs ?)

Voilà, comme dirait Scarlett, un bout de moi sur cette planète dédiée aux nounours. Comme la Scène de E. T. , lorsqu'il se cache au milieu des peluches de Eliott...

Je terminerai cet étalage de matière d'âme par une pensée pour Jim Morrisson, et tous ceux qui sont morts à son âge (27 c'est pas un bon chiffre pour les légendes du rock : Janis Joplin, Jimi Hendrix, Kurt Cobain...)

This is the end, my only friend, the end

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23 juillet 2007

°° La jambe du cosmonaute

Évident, ça démarre et prend. Chatouille quelque part entre entrailles et trachée, uppercut sous l'abdomen. Mouille les joues puis le reste. Fait gémir se sentir beau lisse voluptueux, accepter à pleine bouche le présent salvateur. Éclipse la raison. Useless but smooth : reprendre une part, jamais rassasiés. Énergie artistique bien souvent libidineuse nous voici prévenus.
Vouloir vouloir vouloir,
Sentir sentir sentir.
Avaler souffle bloquer :
Apnée sublime jouissance,
Satiété moins vite évaporée.
The way we feel when it starts. Masturbation sans effort. Du bien parce que c'est. Jouir en continu, perfusion inarrachable.
La jambe du cosmonaute était une trompe de pachiderme, la roue de dessous la blessure s'arrêtait sur un nombre évocateur, le mégaphone me plaisait bien.

DM_musicforthemasses
°

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13 juillet 2007

°° Réflection

Ne pas me réveiller un matin, seule satisfaction procurée par mon existence avoir fait pousser des enfants à peu près droit. Ne pas me lever, entendre mes os craquer, penser ne pas avoir profité de ce corps tant qu'il était souple maléable baisable. Ne pas me reclure dans un emploi à mourir d'ennui, rentrer chaque soir me coller devant la télévision, manger parce qu'il le faut bien, me coucher aux côtés d'un homme aussi las que moi. Ne pas mourir perclue de regrets, aucun escarre ne doit survenir sur ma mémoire. Cette vie qu'on est censé vouloir je ne la désire pas, je la vomis. Mon angoisse d'elle me pousse à construire combinaison étanche : ne pas se laisser pénétrer par son idée. Les médias, les contes, les modèles en sont tous infectés. Ne pas m'y enfermer dans cette jolie boîte où rien n'arrive que le prévu, le convenable, l'aseptisé. Je veux du risque, du sale, de l'excitant. Car moi dedans aime tenter, est curieux de tout, a soif d'apprendre. Mais moi dehors hésite encore sur sa capacité à assumer moi dedans.

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°

 

 

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10 juillet 2007

°° Une petite mort

Ce souffle furtif sur ma nuque : rafraichissement du bulbe. C'était fougueux et doux. Ma carotide s'en souviendra. Un instant très court qui persistera dans ma caboche tendance à la redite. Rembobiner jouer rembobiner ralenti détails scrutés. Les lèvres étaient tendres, la barbe picotait, mon cou marqué à jamais de ce baiser qu'on n'attendait. Peut-être un pochtron : confusion avec sa compagne ménopausée. On peut tout imaginer. Néanmoins c'est bon de rêver quand on n'a plus que ça à ruminer, que la couleur des autres films commence à passer. Songer grand nigaud mains zélées par derrière s'approchant déposer son présent puis s'enfuir discrètement. Cheveux bruns bataille au vent fier de lui siffloter gaiement. Sourire en coin savourer l'instant. Pourrir les cervelles des jeunes filles voilà sa mission : sucrer leur vision qu'elles deviennent accrocs, qu'elles en redemandent et quémandent leur dose. À genoux qu'elles supplient, s'engourdissent d'attendre les princes qu'on leur a promis. Restera ce baiser sur leur pouls cicatrice douloureuse ne pas s'en lasser. Petite mort à toujours ressassée.

7b1doisneaubaiser
Robert Doisneau

Posté par God_Schizo à 01:29 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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